mardi 6 janvier 2026

Traces d’activités de fer dans le regroupement d’Ikeï-Boca Boca 1, province de l’Ogooué-Ivindo au Gabon

Résumé 

Cette étude documente les occupations humaines anciennes dans le département de la Zadié (Gabon) et analyse les indices de métallurgie du fer découverts sur deux sites, EKI 1 et SMA 1. À la suite d’une étude d’archéologie préventive en 2020 et de trois missions en 2023-2024, les données ont été collectées par prospections, sondages archéologiques et enquêtes orales. L’analyse a reposé sur la description du mobilier et une approche de datation relative fondée sur la comparaison stylistique des ornements des tuyères avec les corpus disponibles au Gabon, applicable uniquement à SMA 1. Les résultats suggèrent deux phases d’occupation : une récente (1950-1960) attribuée aux Kota d’Ikeï, et une plus ancienne dont la datation reste incertaine, mais qui pourrait se situer entre 420 av. J.-C. et 1450 apr. J.-C., voire être contemporaine à EKI 1 au XXᵉ siècle. 

Abstract 

This study documents ancient human occupations in the Zadié department 

(Gabon) and analyzes evidence of iron metallurgy found at two sites, EKI 1 and SMA 1. Following a preventive archaeology survey in 2020 and three missions in 2023-2024, data were collected through surveys, archaeological test pits, and oral inquiries. Analysis focused on artifact description and a relative dating approach based on stylistic comparison of tuyère decorations with Gabonese corpora, applicable only to SMA 1. The results suggest two occupation phases: a recent one (1950-1960) attributed to the Kota of Ikeï, and an older phase with uncertain dating, possibly between 420 BC and 1450 AD, or even contemporary with EKI 1 during the 20th century. These findings confirm the practice of an activity now extinct and highlight the need for absolute dating to refine chronology. 

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mardi 20 août 2024

Rapport de la mission archéologique du 10 au 23 mai au sein du regroupement de Bonamaza

Présentation 

Le volet archéologique mené, lors du projet de bitumage de la route Makokou-Mekambo-Ekata, a permis la mise au jour d'un grand nombre de sites archéologiques sur les tronçons routiers Makokou-Batouala, Batouala-Mekambo et Mekambo-Ekata. Ce qui nous a permis d'effectuer, du 10 au 23 mai 2023, notre première mission dans le département de la Zadié. Elle avait pour but de recueillir des données archéologiques et ethnologiques pour la documentation de notre thèse doctorale effectuée à l'Université Libre de Bruxelles. Cette quête s'est focalisée sur le tronçon Batouala-Mekambo, plus précisément le segment contenant le regroupement de Bonamaza.

Localisation géographique de la région 

Ce regroupement est composé de trois (3) : Meko, Itebe et Bonamaza. Il est situé dans la Zadié, une division départementale de la Province de l'Ogooué-Ivindo.
Situation géographique de Bonamaza

Méthodologie 

Nous avons effectué des activités pour collecter des données archéologiques à travers des prospections et des sondages, ainsi que des enquêtes ethnographiques. Les questionnaires, ciblant les personnes âgées et les autorités locales, ont permis d'obtenir un aperçu de l'histoire et/ou de l'occupation locale.
Prospection par observation directe au sol. (Jean de Cap. Aboghe Bengone, mai 2023)

Fouille sur le site BAZ 3A, village Meko (Jean de Cap. Aboghe Bengone, mai 2023)

Sondage à BSA 1, village Bonamaza (Jean de Cap. Aboghe Bengone, mai 2023)

Sondage, carré 2, du site BAZ 7 situé au village de Bonamaza (Jean de Cap. Aboghe Bengone, mai 2023)
 
Sondage sur le site MBO 1 à Itebe (Jean de Cap. Aboghe Bengone, mai 2023)

Création et peuplement récent du regroupement (tradition orale)

Selon Bozingo, Mbotsie et Yazangoye (2023), il est fondé en 1970. En réalité, d'après Ntsio, Mboada Nyanga, Younda Bemba, Youmala Bemba, Bozingo, Mbotsie et Yazangoye, 2023, les habitants des trois (3) villages ont pour origine le Kemboma. Ce dernier s'étendait le long de la Liboumba, bras de la rivière Ivindo. Mais, la disette, les maladies (maladie du sommeil, lèpre, etc) et la création de la route, les a facilités leur adhésion au projet de regroupement de villages initié par les autorités locales. Du coup, l'ensemble de ces populations est Mahongwè et les sous-représentés sont essentiellement les Bongoye, Molanda, Ipoundji, Ikoye et Oniazeke. 

Aperçu des résultats

Les activités archéologiques réalisées ont permis d'identifier quatre sites majeurs : BAZ 3A, MBO1, BSA 1 et BAZ 7. Le matériel recueilli sur ces derniers était principalement composé de la céramique (poterie et fragments de tuyère), des scories de fer, des fragments d'une marmite en aluminium, du charbon de bois et des esquilles d'os. Les fragments de tuyère ont uniquement été découverts sur le site BAZ 3A et les ossements sur BAZ 7. Quant aux résidus du minerai de fer, ils sont découverts sur ces deux sites, mais ils étaient plus abondants à BAZ 3A.

Nos observations nous conduisent à deux occupations de la région, notamment durant l'Âge du fer, mais aussi à la période coloniale. L'Âge du fer est attesté sur le site BAZ 3A, à Meko, et sur le site BAZ 7, à Bonamaza. À Meko, ce sont les résidus trouvés, fragments de tuyère et scories de fer, dans le fond d'une structure de combustion qui l'attestent. Alors qu'à Bonamaza, même si des traces d'une telle structure ne sont pas attestées, la fouille du Carré 1, a livré des scories de fer en association avec de la poterie, du charbon de bois et quelques esquilles d’os.

Quant à la période coloniale, c'est le site BSA 1 qui nous permet formellement permis d'attester cette phase dans la région. Selon Besa Basogo, découvreuse du site, il s'agissait d'une ancienne usine artisanale de la transformation du vin de maïs. Dans ses explications, Ntsio rejoint Besa Basogo lorsqu'elle nous déclare que, durant cette époque, la fabrication de ce vin, qui rendait la main d'œuvre villageoise ivre et invalide, était interdite par l'autorité coloniale. Il fallait donc se retirer dans la forêt, à côté d'un cours d'eau, pour en fabriquer et en consommer en cachette.

Carte récapitulative des points de concentration des vestiges lors de notre étude.

Sources ethnographiques 


Équipe de la mission 

Aboghe Bengone Jean de Capistran, doctorant à l'Université Libre de Bruxelles.
Tsinga Evérared Maël, doctorant en Archéologie à l’Université Yaoundé 1 (UY1) au Cameroun.
Mamfoumbi Drile, doctorant en Bantuphonie à l’Université Omar Bongo de (Libreville).
Milenzi Aude, étudiante en Licence Qualité Hygiène Santé Environnement à l’Institut Panafricaine des Études Appliquées (IPEA).



mercredi 27 décembre 2023

Rapport de la mission archéologique du 15 au 19 juillet 2023 dans la commune de Mékambo (Ogooué-Ivindo, Gabon)

Summary (Traduction by Sosthène Trésor N'Nang Ebane) : 


The achaeological mission undertaken at Mekambo from the 15th to the 19th of junly 2023, aimed at collecting ground data to endorse our thesis statement based on "the formers human occupations in the gabonese province known as Ogooué-Ivindo". Several archeological activities have been practised to get to the point, as prospecting, suvey, and ethnographic investigation. They have been useful for updating many achaeological sites mostly the both Vie Chère and Paris-Boullon as mentioned within the report. 
The bundle of items exhumed is composed of ceramics, wildlife left-overs, and vegetals. The 
summary analysis has revealed a recent occupation, a potential connection with the european people over the first half of the 20th century, as their common way of life.

Keywords: Archaeology, human occupations, Mekambo, Gabon.


1. Présentation de la mission et situation géographique de la zone d'étude

1.1. Présentation de la mission

La mission archéologique, tenue du 15 au 19 juillet 2023 à Mekambo, avait pour objectif la récolte des données de terrain pour la réalisation de notre thèse portant sur les occupations humaines anciennes

1.2. Situation géographique de la zone d'étude

Notons que la ville de Mekambo, localisée dans la province de l’Ogooué-Ivindo au Gabon, est le chef-lieu du département de la Zadié. La ville de Mekambo a pour coordonnées géographiques 1° 01′ 00″ nord, 13° 56′ 00″ est (1). Selon la DGS (2015), en 2013, sa population était estimée à 15 816 habitants. Pour ce qui est de la commune de Mekambo, elle comptabilisait 6 744 habitants (3 432 hommes et 3 312 femmes).

2. Méthodologie de terrain

Pour réaliser cette opération, nous avons pratiqué plusieurs activités archéologiques, notamment la prospection par observation directe au sol (Photo 1 et Photo 2) et le sondage (Photo 5). Aussi, nous avons effectué une enquête ethnographique sur l'origine et le peuplement de la région (Photo 3). Durant ce travail, nous nous sommes adonnés à des séances d'explication ou de sensibilisation sur le bien-fondé de l'archéologie qui reste une science très peu connue dans la région de Mekambo (Photo 4). 

Photo 1. Prospection d'une concession privée à Paris-Bouyon (Mekambo), Jean de Capistran ABOGHE BENGONE, 2023

Photo 2. Prospection d'un terrassement à Paris-Bouyon (Mekambo), Jean de Capistran ABOGHE BENGONE, 2023

Photo 3. Entretien avec le maire adjoint et chef de quartier de Paris-Bouyon (Mekambo), Jean de Capistran ABOGHE BENGONE, 2023

Photo 4. Séance d'explications sur le bienfondé de l'archéologie et du mobilier mis au jour à la population

Photo 5. Fouille du site Paris-Bouyon 1, Jean de Capistran ABOGHE BENGONE, 2023

3. Résultats de la mission

3.1. Les sites

Lors de cette mission, les différentes activités que nous avons menées, nous ont permis de mettre au jour quatre sites archéologiques. Ces derniers étaient situés dans les quartiers Vie Chère et Paris-Bouyon. Il s'agissait de Vie Chère (VC), Paris-Bouyon 1 (PB1), Paris-Bouyon 2 (PB2) et Paris-Bouyon 3 (PB3) (Carte 1).  Notons que, seul le site PB1 a fait l'objet de décapage à cause de son fort potentiel archéologique. Quant à VC, PB2 et PB3, nous avons exclusivement des ramassages de surface.

Carte 1. Localisation des sites de Mekambo, Jean de Capistran ABOGHE BENGONE, 2023

3.2. Le mobilier archéologique et conclusion

Le mobilier exhumé est composé de la céramique, des restes fauniques et végétaux. S'agissant de la céramique, poterie et porcelaine, la poterie a été découverte en surface (VC, PB1, PB2 et PB2) et en contexte stratigraphique (PB1). Quant à la porcelaine, elle a été mise au jour uniquement sur le site PB1. Par contre, les restes osseux déterrés montrent la présence de bovidés et de félidés. Alors que les restes botaniques sont essentiellement composés des noix d'Elaeis guineensis. En plus de ces éléments figure la découverte, la présence numismatique, notamment la pièce de 2 F.

L'analyse sommaire de ce mobilier démontre une occupation récente, durant la première moitié du 20ᵉ siècle, une population déjà en contact avec les Européens et donc le mode vie admet encore l'usage de la poterie comme ustensiles pour différentes tâches.

Références bibliographiques 

Direction Générale de la Statistique (2015) : Résultats globaux du Recensement Général de la Population et des Logements de 2013 du Gabon (RGPL-2013). Libreville, 195 pages + Annexes.


https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9kambo#/maplink/1 

Remerciements 

  • Moussounda Fereole, enseignant-chercheur à l'Université Omar Bongo de Libreville.
  • Mihindou Mihindou Yane Cédric, étudiant en Licence Archéologie, à l'Université Omar Bongo de Libreville.
  • Beeh Marius, habitant.
  • Ebounagala Bouyon, 1ᵉʳ maire adjoint et chef de quartier de Paris-Bouyon.


Référence de l'article : ABOGHE BENGONE Jean de Capistran, Rapport de la mission archéologique du 15 au 19 juillet 2023 dans la commune de Mékambo (Ogooué-Ivindo, Gabon) », in Revue SIFOE, n°20, Décembre 2023, pp. 8-27.
 

samedi 21 octobre 2023

Engone, le félin


Nkout est un village dont le coucher du soleil laisse planer une atmosphère ténébreuse. Il est assiégé par des forces qui passent à l'exécution de leurs plans machiavéliques. Enfants comme vieux, personne n'est épargné par leurs forfaits.

C'est dans ce milieu et lors d'un accouchement difficile que naît Engone. Il doit sa vie à un pacte entre Douma et le guérisseur du village.

Cet acte, bien manigancé par ce guérisseur, sera à l'origine des ennuis essuyés par la primipare.

Très vite, le jeune homme jouit des pouvoirs mystérieux qui lui font rendre compte du danger qu'encourt sa mère lorsque le guérisseur décide de réclamer son dû. Contre toute attente, lui et les siens seront combattus par Engone et un mystérieux étranger. Ces deux individus disposant d'aptitudes nécessaires pour de tels affronts chercheront à rétablir dans l'ordre dans une société apeurée et stigmatisée par une poignée d'individus avides de sang.

dimanche 29 août 2021

Occupations néolithiques à Nkoltang. Analyse des vestiges des sites NKO26 et NKO 27

Les travaux archéologiques menés sur le territoire gabonais laissent toujours paraître des zones d’ombre dans la Préhistoire du Gabon. Parmi ces régions méconnues du point de vue archéologique, figure la région de Nkoltang. C’est seulement en janvier 2016, lors de l’extension de la zone économique spéciale de Nkok que celle-ci accueille ses premières recherches archéologiques. Sur la totalité des sites inventoriés lors de ce diagnostic, deux sites permettant de justifier une occupation humaine ancienne ont été localisés à Nkoltang. Il s’agissait de NKO 26 et de NKO 27. 

En 2017, nous avons entrepris de nouvelles recherches dans le but de fournir plus d’explications sur l’occupation humaine préhistorique de Nkoltang. Cette contribution a, de ce fait, pour objectif de présenter et de valoriser le potentiel archéologique de cette région qui mérite plus d’attention sur le plan archéologique.

Mots-clés : Céramique, Nkoltang, NKO 26, NKO 27, Occupations humaines.

Document disponible dans la section Documents à télécharger de notre site.